Source: lepharedunkerquois.fr, 13/10/10Une philosophie d'entreprise au coeur de la polémique
Patrick Guerbette est fondateur du groupe Eamus Cork qui compte six sociétés dont Eamus Cork Solutions et Eamus Cork Security (activités de sécurité privée), Fiona Consulting (gestion et coaching d'entreprises de taille moyenne), Cogan (formation des risques professionnels, et sécurité incendie), Manannan Communications (Communication et édition).
Ces sociétés dans lesquelles travaillent près de 135 personnes, portent toutes des noms tirés des personnages de son roman. "Les Dieux ne sont pas immortels, la légende d'Eamus Cork", la base de sa philosophie d'entreprise, relayée dans différents médias. Livre sorti il y aura un an le 15 octobre. « Donner le nom des personnages à mes entreprises est une façon de faire vivre Eamus Cork avant la publication du roman.
Aujourd'hui, ce lien permet avant tout d'intégrer dans nos activités et nos relations les valeurs fortes du livre. J'ai voulu être un peu original, c'est tout », explique Patrick Guerbette. Cet ouvrage écrit en quatre ans, est son projet personnel dont la philosophie se résume à « Chacun peut réaliser ses rêves », comme il l'a expliqué à une journaliste des "Échos", il y a un peu plus d'un an. Cette philosophie - jugée décalée avec la réalité du métier, les conditions de travail et la mission de traque des migrants - est au coeur de la polémique, ce qu'a voulu mettre en lumière le reportage de France Inter. Dans sa réaction sur le site de "Là-bas si j'y suis" (*), Patrick Guerbette reconnaît « une annonce maladroite rédigée par Pôle Emploi. » « Ce n'est pas moi qui l'ai écrite », souligne-t-il. C'est cette annonce qui a été le point de départ du reportage du journaliste de France Inter. Annonce proposée en juillet 2008, sur l'antenne gravelinoise, et qui était la suivante : "Agent de sécurité H/F (homme/femme). Vous intervenez en cas de découverte de clandestins (femmes et enfants). "
Une erreur juridique
« Je suis devenu par défaut la tête de Turc de cette personne (le journaliste de France Inter, Ndlr) qui s'acharne sur moi depuis un an et demi, explique-t-il. J'essaye de faire ce que je peux : à Boulogne, avec le départ de LD Lines, seules neufs personnes n'ont pas pu être gardées. 21 autres emplois ont été sauvés à court terme. On se bat comme on peut dans un contexte qui est particulièrement difficile... »
Des conditions de reportage, Patrick Guerbette retient qu'il y aurait deux "meneurs" : « Ils exploitent tout ce qu'ils peuvent aux Prud'hommes alors qu'ils avaient un des temps de travail de l'entreprise les plus faibles... » Selon nos informations, neuf dossiers ont été déposé aux Prud'hommes. « C'est faux, rétorque Patrick Guerbette, il y en a cinq ou six... »
Des dossiers montés sur la base d'une question d'heures supplémentaires non payées. « C'est vrai, reconnaît-il, on ne savait pas que les accords liés à la modulation du temps de travail devaient être signés par un délégué du personnel et par un délégué syndical...
Depuis le début de notre activité, c'est comme ça, la base c'est 151,67 heures par mois. On ne savait vraiment pas que la modulation devait être signée aussi par un délégué syndical, c'est vrai que c'est une faute juridique, plaide Patrick Guerbette. On a été attaqués pour non-paiement des heures supplémentaires à l'année, pour des cas de personnes avec cinq ans d'ancienneté et jusqu'à janvier 2009. » Depuis cette date, Patrick Guerbette confirme que les salariés sont payés de leurs heures supplémentaires effectuées. « Seul un quart des personnes ont attaqué aux Prud'hommes. Les autres ne le font pas car ils savent que ça peut mettre la boîte en péril... », se défend le patron qui explique avoir organisé des élections de délégués du personnel. Il a en effet accepté, fin 2007, que des élections professionnelles se tiennent, trois ans après la création de son groupe, et après un mouvement social. Sur la question des contrats professionnels, il explique qu'il dispose bien d'un « contingent de personnes testées qui lui permet de faire face aux arrêts maladies ou aux congés annuels. On doit être présent 24h/24 sur le site. J'ai également monté des projets avec un lycée et avec d'autres sociétés, se défend le patron , avec un plan de formation qui va avec. Je travaille d'ailleurs à la création d'un statut d'agent portuaire. » Sur le chiffre avancé de plus de 200 personnes passées depuis la création d'Eamus Cork, Patrick Guerbette explique qu'il a le taux de turn over le plus faible de la profession : « J'ai eu un pic l'an passé à 38 CDI, et j'ai dû procéder à 15 contrats professionnels sur le Nord, dont deux contrats aidés. » Les 200 heures par mois qu'auraient faits certains salariés de sa boîte, Patrick Guerbette ne les confirme pas. « C'est au contraire contre tous ça qu'on s'insurge ! C'est vrai qu'il arrive que des personnes travaillent 12 heures de suite, mais ce sont sur des missions subalternes courtes... » Le fondateur reconnaît, par contre, que les conditions de travail à Dunkerque ne sont pas faciles. « Je ne peux pas vous dire le contraire... Les agents sont libres à tout vent... » Des salariés qui avouent ne pas se reconnaître dans la peau de "héros anonymes" que développe Patrick Guerbette, « leur vigilance les place véritablement au rang de héros lorsqu'à la découverte d'une personne épuisée, malade ou agressive, ils sauvent aussi une vie ». Une philosophie d'entreprise qui est le fruit de la réflexion de Patrick Guerbette depuis 12 ans, qui a lancé le 26 septembre un grand concours national d'illustration des personnages principaux de son roman. « On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a... », explique celui qui affirme avoir de bonnes relations avec ses collaborateurs et avoir amélioré les conditions de travail de ses employés. Patrick Guerbette, ancien de la Police nationale revendique un chiffre d'affaires de 4 à 5,5 millions d'euros entre 2008 et 2009. Un chiffre qui passe mal du côté de ses salariés. « Vous savez, j'ai un projet de BD, de film autour de mon livre, j'ai aussi un projet de fondation, je ne vais pas m'amuser à faire tout ce qu'on me reproche ! »
Pathétique.... J'espère que ce gars va se faire laminer par la justice.












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